Un trader dans une salle de marché à New York le 24 avril 2026. ( AFP / CHARLY TRIBALLEAU )
Les Bourses mondiales sont restées en position d'attente lundi, avant d'accueillir une vague de résultats trimestriels, dont ceux de géants de la tech américains, et de réunions des banques centrales les plus influentes.
A New York, le Dow Jones a cédé 0,13%. Les indices Nasdaq (+0,20%) et S&P 500 (+0,12%) se sont tout de même chacun octroyé un nouveau record, le deuxième d'affilée après celui de vendredi.
A Francfort et à Paris, les deux indices vedettes ont légèrement reculé (-0,19%).
La baisse était plus accentuée à Londres (-0,56%), où la pétrolière Shell (-1,66% à 37,58 euros l'action) a annoncé un accord d'acquisition de la société énergétique canadienne ARC Resources pour environ 16,4 milliards de dollars américains. Milan terminait sans orientation significative (+0,04%).
"C'est la semaine de tous les dangers, avec de la volatilité (à prévoir)", avance Frédéric Rozier de Mirabaud, joint par l'AFP.
Amazon, Microsoft, Alphabet, Meta et Apple: ces entreprises qui affichent des niveaux de valorisation extrêmement élevés partageront toutes leurs performances trimestrielles mercredi et jeudi.
Des résultats de ces géants de la tech dépendra la poursuite de la spectaculaire croissance des spécialistes des semi-conducteurs (Nvidia, ou STMicroelectronics en France).
"Si la hausse du secteur des semi-conducteurs n'est pas confortée par les résultats de leurs clients (les Gafam, ndlr), ça risque de se dégonfler", analyse Frédéric Rozier.
Adam Sarhan, de 50 Park Investments, se veut plus rassurant.
"Jusqu'à présent, la saison des résultats s'est avérée relativement solide", remarque-t-il auprès de l'AFP.
En dehors de la tech, d'autres entreprises comme Visa, Coca-Cola, ExxonMobil ou Mercedes-Benz doivent aussi publier leurs performances trimestrielles dans le prochain jour.
- Pas de solution pour Ormuz -
Les Bourses mondiales ont semblé résister à "l'apparente paralysie des négociations et des actions militaires" au Moyen-Orient, selon l'analyste Andreas Lipkow de CMC Markets.
La trêve entre Washington et Téhéran tient toujours. Mais Donald Trump a annulé samedi le déplacement prévu de sa délégation au Pakistan pour négocier avec l'Iran.
D'après le média américain Axios, Téhéran a transmis aux Etats-Unis une nouvelle proposition visant à rouvrir le détroit d'Ormuz et mettre fin à la guerre, et, à une date ultérieure seulement, de négocier sur le dossier nucléaire.
Mais pour le secrétaire d'Etat Marco Rubio, interrogé lundi sur Fox News, les propositions iraniennes sur Ormuz ne répondent pas aux attentes américaines.
Face à ce blocage persistant, les cours de l'or noir ont à nouveau grimpé.
Le baril de Brent de la mer du Nord a pris 2,75% à 108,23 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, a gagné 2,09% à 96,37 dollars.
- En attendant Powell et Lagarde -
Outre les résultats de la tech, les investisseurs devront décrypter les messages du président de la Réserve fédérale (Fed) Jerome Powell puis de son homologue de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde.
Aucune hausse des taux n'est attendue mais la question demeure: où les banquiers centraux vont-ils placer le curseur entre lutte contre l'inflation et soutien à l'activité ?
"La Fed devrait maintenir ses taux inchangés dans la fourchette 3,5%-3,75%, les marchés n'anticipant quasiment aucun ajustement à ce stade", estime Kevin Thouzet pour Carmignac, soulignant la "résilience" de l'économie américaine ("croissance solide", "marché du travail qui tient bon"...).
"La Banque centrale européenne (BCE) devrait elle aussi opter pour le statu quo, en maintenant ses taux directeurs à 2%", ajoute-t-il.
La présidente de la BCE Christine Lagarde "pourrait toutefois profiter de sa conférence de presse pour préparer le terrain en vue de premières hausses de taux dès le mois de juin", ajoute Felix Feather, économiste chez Aberdeen.
Dans ce contexte, en Europe, les taux d'intérêt étaient en légère hausse: le rendement à échéance dix ans allemand atteignait, vers 20H50 GMT, 3,04%, contre 2,99% vendredi en clôture. Son équivalent français était à 3,69%, contre 3,63% vendredi.
Le rendement américain était aussi en progression, à 4,34% contre 4,30% en fin de semaine dernière.
Les investisseurs scruteront aussi l'indice des prix en avril en zone euro, et l'indice d'inflation PCE, mesure préférée de la Fed, pour le mois de mars aux Etats-Unis, tous deux attendus jeudi.

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